LE PELERINAGE DE SHIKOKU

Le pelerinage connu sous le nom de Shikoku Henro ou O-Shikoku-san, est le plus ancien et le plus c  re du Japon. Parcourir l' e en passant par les 88 temples bouddhisres, d ign  lieux sacr  de Shikoku, signifie suivre le chemin que K ô Daishi K ai parcourut dans sa jeunesse, pratiquant l'asc isme dans sa recherche de la V ité.

C'est pourquoi les v itab les p erins vont à pied, comme le Saint il, y a bien longtemps faut compter 60 jours pour parcourir les 1647 kilom res, qui traversent des montagnes es carp s, des plages sableuses, des c es rocheuses, des champs et des collines, des villes et des villages. C'est en v ité pratiquer le Zen en marchant.

Le p erinage de Shikoku n'a aucun caract e de sectarisme, bien que K ai soit le fondateur de la secte Shingon du bouddhisme nippon. Les p erins semb lent oublier leurs propres sectes en r  ant K ô Daishi qui se situe bien au-delà de ces querelles de doctrine. Les 88 temples n'appartiennent pas tous à la secte Shingon d'ailleurs. On ne peut parler de ce p erinage sans parler de la vie de K ai.

La vie de Kukai

Mao (K ai) naquit en 774 dans ce qui est à pr ent la ville de Zents i si e du temple de Zentsû-ji 75  e lieu sacré de Shikoku, il  ait le troisi e fils de Saeki Yoshimichi, seigneur du comté. L'enfant  ait si brillant et si doué que ses parents le voyaient promu a un bel avenir dans les services du gouvernement, poste convoité à l' oque. A 15 ans il fut envoyé à Ky o, la nouvelle capitale, oû il  udia sous la tutelle de son oncle maternel, grand confuc n et pr epteur de l'un des fils de l'empereur. A 18 ans il entra à l'universite' et travailla dur, mais il fut bient  d u par le programme d' udes - principes de gouvernement, histoire, po ie, pi é filiale et loyauté, alors qu'il  ait à la recherche de la V ité.

Il rencontra alors un moine bouddhisre qui lui enseigna la pratique de la m itation Kok ô-gumonjihô, qui invoque Kok ô, une divinité de l'espace dont la sagesse est aussi vaste que l'espace ; pratique qui requiert la r itation des mantras, un million de fois selon la m hode correcte. Ce qui lui permit d'acquerir une m oire ph om ale des enseignements et des principes. Ceci le d ida à choisir le bouddhisme et la pr rise plut  que le confucianisme et la bureaucratie. Il quitta l'université, ce fut une d ision difficile à prendre car ainsi il tournait le dos aux traditions et auxarrenres de son propre clan. Cependant il le fallait.

Pendant de nombreuses ann s il s'appliqua tant  à l' ude intensive des textes bouddhiques, tant  à la m it tiono au plus profond des montagnes. A 19 ans, dans une caverne du cap Muroto, la pointe sud de l' e de Shikoku, il eut finalement l'illumination, en pratiquant le Kok ô-gumonjihô. Pendant ce moment sublime, le ciel et la mer s'offraient à son regard, en souvenir, il d ida de s'appeler K ai, ciel et mer.

A 24 ans il acheva le Sangô shiiki un ouvrage dans lequel il comparait l  trois principes religieux qu' il avait d è ma ris , le confucianisme le bouddhisme et le ta sme, pour d onter la supr atie du bouddhisme. Ce fut sa d laration finale qu'il  ait devenu bouddhisre. Cependant le bouddhisme japonais à cette  oque n' ait pas du g t de K ai, il  ait à la recherche d'une religion qui r lis ait l'unification de tous les enseignements du Bouddha.

Il d ouvrit le sutra qui pr ente le Bouddha Mahavairocana comme l'id lisation de la V ité de l'univers. Mais il comporte des passages si myst ieux que personne, au Japon, ne pouvait r ondre à ses questions. Aussi il d ida d'aller en Chine. Il avait 31 ans lorsqu'il put finalement se joindre à une d  ation se rendant à la cour chinoise des T'ang. Dans la capitale de Ch'ang-an, la plus grande ville cosmopolite de l' oque, il rencontra l'abbé Hui-Kuo, le V  e patriarche du bouddhisme  ot ique, ce saint homme avait d à plus de 1000 disciples. D  qu'il apercut le jeune homme, l'abbé comprit qu'il  ait celui qu'il attendait pour lui succ er. Toutes ces ann s pass s à l' ude et à la pratique de l'asc e l'avaient rendu si proche de son maitre chinois, qu'apr  trois mois d' udes dirig s par l'abbé, K ai fut ordonné ,W  e patriarche du bouddhisme  ot ique.

A la fin de l'ann  805 l'abbé Hui-Kuo mourut, avant sa mort il conseilla a K ai de retourner au Japon le plus vite possible pour y propager la doctrine afin d'apporter le bonheur à la population. Mais comment pourrait-il y retourner si vite ? la prochaine mission du Japon vers la Chine n' ait attendue que 18 ans plus tard.....

C'est alors que l'empereur de la dynastie des T'ang mourut et qu' une d  ation japonaise se rendit à Ch'ang-an pour assister à ses fun ailles. K ai recut la permission de se joindre à eux pour le voyage de retour. C' ait une chance pour le Japon qu'il puisse revenir si vite, quand on pense à l'importante oeuvre qu'il r lisa dans les ann s qui suivirent. En fait 34 ann s s' oul ent avant qu'une mission Japonaise envoyeé en Chine ne revienne au Japon. Trois ans auparavant K ai  ait mort.

Apres 16 mois pass  à Ch'ang-an, K ai ramena avec lui 247 rouleaux de pr ieux sutras, 44 rouleaux de mantras et stotras en sanscrit, 170 rouleaux de commentaires, sortes d'objets rituels, et un certain nombre de statues, images et objets religieux. 11 devait aussi y avoir des ouvrages chinois sur la litt ature, la linguistique, la m ecine, la calligraphie et l'art. 11 est g  alement admis que K ai introduisit les mesures, la m ecine chinoise, certaines graines, la teinture, la fabrication de l'encre indienne et des pinceaux à  riture, la construction des temples chinois, des ponts et des digues. On pr end aussi qu'il fut le premier japonais à faire pousser du thé et à savoir le conserver, à utiliser le charbon et le p role et à confectionner des bonbons et g eaux chinois.

Il rapporta toutes ces connaissances et ces techniques qui s'int r ent profond ent au monde japonais, il am iora le niveau culturel et religieux du pays jusqu' à ce qu'il soit capable de donner naissance à ce qu'il soit capable de donner naissance à son propre bouddhisme et à sa propre culture. C'est pourquoi on consid e K ai comme le p e spirituel de la culture japonaise.

A vrai dire la premi e chose qu'il fit quand il revint dans son pays, fut de relire tous les  ormes volumes des sutras, essayant de r nir les deux bouddhisme  ot iques-Kong ai le princips spirituel et Taiz ai le principe physique en une seule religion. Finalement il cr  un nouveau bouddhisme  ot ique qu'il nomma le bouddhisme  ot ique Shingon.

K ai avait la chance d'avoir comme protecteur et ami de longue date l'empereur Saga,  udit, po e et fervent admirateur de la culture beaucoup plus avanc  du continent. On lui offrit le mont k a à kii pr ecture de Wakayama   il fonda un centre monastique destiné à l' ude de la m itation. C' ait aussi son foyer spirituel, c'est là  rivit de nombreux ouvrages de grande valeur, parmi eux j  hinron oû il passe en revue toutes les philosophies et religions connues de l' oque, dans le monde oriental, et les compare avec son bouddhisme  oterique de Shingon. Plus tard l'empereur lui offrit un temple d' at, T i à Ky o, pour en faire son quartier g  al d'oû il pourrait propager le bouddhisme  ot ique de Shingon. Ce bouddhisme se concentre sur cette exis tence, partant du principe qu'hommes et femmes poss ent en eux un bouddha potentiel, et qu'en suivant certains pr eptes et pratiquant certaines methodes chacum peut atteindre i'illumination dans cette existence.

Ensuite K ai fonda la premi e  ole ouverte aux pauvres aussi bien qu'aux riches. Le dictionnaire en trente volumes qu'il r igea pour les   es de cette  ole fur le premier de ce genre au Japon. On pense que c'est K ô Daishi qui inventa les Hiragana alphabet phon ique japonais, gr e à sa connaissance du sanscrit. Jusque là la lecture et l' riture  aient l'apanage des lettr  et des aristocrates qui pouvaient consacrer des ann s à apprendre les milliers de caract es chinois. Grace aux syllabaires Kana m e les gens du commun pouvaient  rire leur propre langue phon iquement, Les nobles eux aussi eurent recours aux Kana puur  rire des romans, essais, journaux intimes et po es. C'est avec ces m es KANA que Dame Murasaki  rivit, ce qui fut peut- re le premier roman à avoir jamais  e  rit Le dit de Genji.

Il existe environ 3000 contes et l endes dur K ô daishi K ai que l'on peut entendre raconter dans tous le pays. Personne au Japon n'a jamais inspiré une telle d otion. Boaucoup de contes narrent comment il sauva des gens, en faidant appara re un ruisseau, en creusant un puits, en contr ant le cours d'une rivi e aux flots tumultueux, en d ouvrant une source thermale, en gu issant les malades en redonnant la vue aux aveugles, en faisant marcher les paralys  etc.... Tous ces contes viennent dé ce qu'il ne cessa jamais de mettre en pratique les principes de sa religion afin d'apporter le bonheur à son peuple.

Apr  sa mort en 835, ceux qui croyaient à son Nyujo oû  at de m itation se rendirent dans les nombreux endroits de Shikoku. De nos jours encore les p erins partent de K asan, et apr  avoir fait le circuit de 88 temples retournent à K asan en passant par le temple NßI comme le firent les premiers disciples de K ô Daishi il y a bien longtemps. En 921, l'homme qui se d ignait lui-m e sous le nom de K ai, fut canonisé à titre posthume sous le nom de K ô Daishi; Daishi signifiant grand saint, titre accordé par la cour imp iale aux plus vertueux parmi les pr res; K ô signifie diffuser l'enseignement du bouddhisme. On a accordé à 23 pr res le titre de Daishi, mais selon un dicton populaire K ô est parti avec le titre de Daishi ce qui signifie que lorsque l'on parle du Daishi tout le monde comprend qu'il est question de lui. Cependant à Shikoku les gens appellent souvent ce Saint parmi les saints, O-Daishi-san, comme s'ils parlaient de l'um de leurs voisins, r  ant ainsi la profonde affection qu'ils lui t oignent.; et leur foi en sa pr ence intangible.

Comment fait on le p erinage de Shikoku?

Habituellement il se fait dans le sens des aiguilles d'une montre mais certains le font à l'envers, comme le fit Emon Saburô jusqu' à ce qu'il rencontre le Daishi. Le nombre 88 repr ente le nombre de pulsions diaboliques, identifi s par la doctrine bouddhique, et l'on croit pouvoir se d arasser de toutes ces passions inspir s par le d on en visitant chacun des 88 temples. Dans cet ordre d'esprit m e si l'on ne visite que i'um des temples c'est d à un progr . Au temple l'on remet aux p erins les dix commandements bouddhiques auxquels ils doivent ob r au moins pendant toute la dur  du p erinage Ne pas tuer, ne pas voler, ne pas commettred 'adult e, ne pas mentir, ne pas flatter, ne pas dire du mal d'autrui, ne pas manquer à sa parole, ne pas  re envieux, ne pas se mettre en col e, ne pas  re pervers.

Certains temples sont d'acc  relativement aisé mais beaucoup d'entre eux sont situ  dans les montagnes, parfois à leur sommet ou encore dans des villages isol , K ai ayant choisi ces endroits dans un but purement asc ique. 11 y a encore 20 ans certains  aient vraiment difficiles à atteindre, mais de nos jours les routes et les t  h iques les rendent plus accessibles. Les p erins les plus fid es à la tradition font tout le chemin à pied, ce qui prend environ deux mois, pour  re plus pr  de Daishi. Certains jeunes gens le font à v o ou en moto, certaines familles en voiture ou en taxi. D'autres encore utilisent le train, le bus, le t  h ique*iil faut compter au moins une vingtaine de jours. En fait beaucoup le font en voyage organisé, g  alement par bus 12 jours, ¥170.000 les trois repas inclus. 11 faut r erver. La tradition veut que ce pelerinage ait lieu en automne et au printemps. Les  uinoxes en  ant le meilleur moment, ces jours là on offre g  eusement aux pelerins des O-settai nourriture et boisson dons d  fid es de la region.

Les gens habituellement y vont en v ements de sport ou en tenue de tous les jours, certains sont en mocassins et casquette, mais beaucoup portent le costume traditionnel de p erin de Shikoku-le chapeau de roseau, le b on de p erin, le costume blanc, les sacoches blanches, tous portant la devise calligraphi  D yô ninin qui signifie Daishi et moi cheminins ensemble ou encore Namu Daishi Henjô kongô qui veut dire Je crois en Daishi, l'Expression de la lumi e Universelle.


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Bilingualism and Japanology ( Japanese | English )

French translation of the English-Japanese Shikoku Bilingual Guidebook, by Akiko Takemoto and Steve McCarty. Takamatsu: Biko Books. Version francaise r lis  par Rosine Vilpoix.

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